Édith Courville, Go big or go home!

VOICI LA DEUXIÈME D'UNE SÉRIE D'ENTREVUES, POUR MIEUX CONNAÎTRE LES ARTISTES TATOUEURS QUI SERONT PRÉSENTS À LA CONVENTION TATTOO NOUVELLE ÈRE 2018.

 

Nous nous sommes entretenu cette foi avec Edith Courville, tatoueuse talentueuse chez Magnum XIII, à Vaudreuil dans la banlieue de Montréal. Voici l'occasion de connaître un peu mieux cette artiste versatile qui heureusement pour nous, est devenue tatoueuse au lieu de facteur!

 

TNE: Pourrais-tu te présenter brièvement et nous parler un peu de ton histoire?

EC: Mon nom est Edith Courville. Je suis de la rive nord de Montréal. Mon père était ouvrier et ma mère une éternelle étudiante. J'ai une soeur ainée, elle est musicienne. Nous avons toujours été encouragées à exploiter nos habiletés artistiques. Ma soeur et moi avons d'ailleurs toutes les deux fait de notre art, notre gagne pain.

 

TNE: Depuis combien d'années est-ce que tu tatoues?

EC: 21ans

 

TNE: As-tu toujours voulu être tatoueur ? Comment en es-tu arrivé là? Qu'est-ce qui t'as poussé vers le métier?

EC: Tout a débuté avec l’anecdote qui suis: J'avais un ami qui se faisait tatouer au marché aux puces. Sa mère lui faisait une petite lettre d'autorisation et moi je lui dessinais les motifs, puisqu'à cette époque tu devais obligatoirement choisir sur les panneaux ou apporter ton motif. Mon ami avait en tête des tonnes de projets, mais n'avais pas les moyens qui allaient avec. Son plan était que moi je le tattoo et qu'à la longue ça serait moins cher. Ça sonnait logique... Durant une année entière on a fait des petites ''jobines'', retourné des canettes et à Noël je demandais de l'argent à ma famille au lieu des cadeaux... finalement le 27 décembre 1996 je m'achetais un ''kit''. Tadam! J'étais déjà tatoueur très jeune et à cette époque je ne croyais pas pouvoir gagner ma vie avec le tatouage. C'était beaucoup plus tabou dans les années 90. Il n'y avait pas internet alors déjà juste pour se procurer le matériel c'était compliqué et long. Finalement au fil des années, l'engouement pour le tatouage est allé en grandissant, j'ai donc pu continuer à tatouer comme métier. 

 

TNE: Comment décrirais-tu ton style? Peux-tu nous parler de tes principales influences? (Tatoueurs ou autres)

EC: Je suis un tatoueur tout terrains.

 

TNE: Qu’est-ce qui t’a plu et attiré vers ces genres spécifiques ?

EC: J'aime tatouer, point. Un tatouage c'est un tatouage. Je suis tatoueur et je fais du tatouage, ça me suffit.

 

TNE: Si tu n'étais pas tatoueur, quel serait ton métier?

EC: Plus jeune j'aurais aimé travailler dans un lab. Mais en vieillissant j'ai souvent pensé me recycler en facteur.

 

TNE: Selon toi, es-ce que le tatouage est une forme d’art ou bien un artisanat ? Et pourquoi ?

EC: Un artisanat surtout. On crée incontestablement une œuvre d'art , mais dans un contexte de service commercial, d'industrie. Dès qu'un produit artistique est confectionné à la main avec des outils manuels et dans un secteur économique, ça deviens par définition de l'artisanat.

 

TNE: Quels sont tes autres intérêts? passe-temps? 

EC: J'adore jouer! Que ce soit des jeux sur table ou vidéos. J'aime m'occuper de mes chiens, faire du vélo et acheter des chaussures. Hahahahaha

 

TNE: Pratiques-tu d'autres formes d'arts?

EC: Non pas vraiment. Sinon j'excelle en décoration. Mais j'aimerais vraiment me mettre à la sculpture.

 

TNE: Ou trouves-tu ton inspiration? 

EC: Très souvent, quand je me réveille la nuit, j'ai des idées qui « pop »! Je les notes et ensuite déferle un éventail d'idées connexes.

 

TNE: Comment fonctionnent généralement l'approche avec ta clientèle? Fais-tu surtout des pièces sur demande ou ils puisent dans tes flashs?

EC: Je fais surtout du « sur commande », mais à date, les évènements flash day fonctionnent bien. 

 

TNE: Quelles sont tes principales philosophies de vie et de travail?

EC: Go big or go home.

 

TNE: Quelle est ta palette de couleurs préférée? dans la vie vs en tattoo?

EC: En tatouage j'aime beaucoup les couleurs ''off'' ,les teintes d'automne, les ocres, les verts pastels. Mais pour moi le noir, le gris et le gold all the way.

 

TNE: Quelle atmosphère préfères-tu pour tatouer? (musique, aire ouverte avec collègues, salle privée etc..)

EC: Je trouve mon compte dans toutes les situations. Mais la musique est impérative. Le style varie selon mes « moods », mais impossible de travailler dans le silence.

 

TNE: Comment décrirais-tu l'évolution de ton travail à travers les années?

EC: L'avantage de travailler en street shop durant toutes ces années m'a permis de sortir de ma zone de confort, de me remettre en question, d'être stressée, d'arriver à être relaxe dans des situations stressantes, de connaître mes forces et mes faiblesses, etc...De toucher à tout m'a vraiment fait prendre des chemins inattendus.  J'ai étonnamment cru longtemps que je me plairais plus dans le black and grey et au final c'est tout le contraire. Mais je me suis rendu compte aussi que selon avec qui je travaille j'évolue de différentes façons. Notre évolution se fait beaucoup mieux lorsqu'on est entourés de gens motivants. 

 

TNE: Est-ce que le tatouage te fait voyager? Quand tu pars tatouer à l'étranger est-ce que tu vois une grande différence avec ta clientèle habituelle?

EC: Oui j'ai eu l'occasion d'être reçue en « guest » plusieurs fois en France. J'ai fais des conventions en France et en Belgique. Pour ce qui est de la clientèle, l'approche n'est pas toujours la même, mais les demandes sont très semblables.

 

TNE: Fais-tu beaucoup de conventions? Qu'est-ce que tu aimes particulièrement en convention? et n'aime pas?

EC: J'adore les conventions. À toutes les fois, je me sents comme un golden retreiver à qui on propose un tour d'auto. C'est comme tatouer dans un gros shop tout le monde ensemble. Le seul côté négatif, c'est d'avoir tout le matériel et mes encres en désordre. Normalement chaque chose a sa place au shop, mais là, en convention, ou lala...C'est l'anarchie.

 

TNE: Quels sont tes meilleurs souvenirs de convention ?

EC: Il y en a tellement... Le souvenir heureux le plus récent se serait la fois ou Kirt Silver est venu à mon booth me donner ses compliments sur un tatouage que j'avais fais dans la journée et me féliciter pour la 1ere place que j'ai décroché avec. C'était un tatouage qui avait une importance spéciale pour moi et je le faisais sur quelqu'un d'important pour moi.  C'était la totale.

 

TNE: As-tu des histoires palpitantes à nous raconter en rapport au tatouage? à tes expériences?

EC: Il y en a trop... hahahahahaha

 

TNE: Quel est le but ultime que tu t'es fixé par rapport à ton travail? Qu-Est-ce que tu vises? 

EC: De ne jamais stagner.

UN GROS MERCI À ÉDITH D'AVOIR BIEN VOULU RÉPONDRE À NOS QUESTIONS! :)